31 octobre 2007

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Retour à Marvejols, après escapade à Grenoble. Journée à plier journal portraits, étiquetter enveloppes, et poster. Récupéré photo de classes pour expo de vendredi, classes mortes, photos de classe vieillissantes, portraits de groupes défunts, mémoires enfouies. Parmi les expos proposées, celles-là, d'habitants d'ici, régulièrement, que ce soit celles réalisées par la maternelle La Coustarade, celles de E.D., à partir de rencontres, d'entretiens avec marvejolais divers, ou encore les Apparitions de Peter Weir, sculptures mobiles et fugaces, accrochées aux coins des rues, à partir d'empreintes corporelles et de souvenirs, d'objets confiés au sculpteur. On peut comme cela dénombrer les passerelles jetées entre les démarches diverses des uns, des autres, artistes d'abord, et une population (ce n'est pas le mot, population, le bon mot, il faudrait en trouver un autre, des habitants non plus, que faut-il dire? pour être juste) croisée pour l'occasion. C'est bien d'avoir fait cela, ces rencontres, cela ne justifie rien, ne donne qualité à rien, mais c'est bien quand même, sans que je sache bien pourquoi. Car au fond, peu de gens le savent que ce qui est entrepris avec Portraits l'est en dialogue, en main qui se tend. Même ceux qui ont participé, qui participent à telle ou telle expo, tel ou tel événement (les yeux dans les yeux aussi, vidéo des yeux de Marvejols; ou les portraits sonores de Franck Vigroux, issus de rencontres; ou les conversations de M. Beyler avec des croisés dans la rue, au sujet d'un danseur, Nijinski, dont il préparait le spectacle; ou le portrait de N.G. par Fabienne B., sur une enfance à Marvejols pendant la guerre; etc...), même ceux-là ne viennent pas, ou peu, voir ce qui avec eux fut fait, ou s'ils viennent ne reviennent pas voir ce qui prend la suite, en tout cas ça ne fait pas, comme peut-être nous l'espérions, boule de neige, mais tant pis, je ne dis pas ça faute de mieux, tant pis vraiment, ce n'est pas grave, ce qui est là, aujourd'hui, ici, suit son cours, quelque chose suit son cours, et la mémoire engrange. Portraits n'est pas un ensemble qui se suffit, c'est une mosaïque, une succession de moments, prenne qui veut.

Posté par Jean Marc Bourg à 19:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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