29 octobre 2007

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Pas simple, le blogue. Mauvaise manipulation et hop poubelle, le message (message!) disparaît. Donc recommencer. Fatigue, parfois.
Ce qui était écrit, et disparut soudain malencontreusement, était, en à peu près: Quoi dire dans un blogue? S'en tenir à ce qui au début était prévu, ou se laisser dériver, au gré? Ce qui fut prévu était Portraits, manifestation de quelques douze semaines en la ville de Marvejols (Lozère). Avec expositions, lectures, spectacles, journal et j'en passe (se reporter au site de la Mauvaise Tête). Ce qui apparaît au fil du blogue m'entraine en revanche par les voies détournées des musées visités, des lectures hasardeuses, ou des pensées, et autres idées, remâchées, à des considératons diverses, d'un intérêt relatif sans doute, sur Hyacinthe Rigaud par exemple, et d'une manière générale, sur ce que Portraits (la manifestation) pourrait (pour moi) signifier. Pour moi, car ça a beau être subventionné, ça a beau être proposé à qui veut regarder, écouter (ce qu'on appelle le public), c'est à moi au fond que ça s'adresse Portraits, à moi seul. Il ne faut pas dire ça, normalement. Il ne faut pas le penser, surtout. Mais on (je) s'en fout un peu, aujourd'hui. Du moment que c'est aussi proposé au public, et qu'on n'en rougit pas de honte, tout est pour le mieux. Et donc le blogue, au lieu de parler de Portraits, parle de tout autre chose, et pas vraiment non plus, parle de moi d'abord, c'est sûr. En parle publiquement, sans être sûr que le public soit là, disons: en parle virtuellement publiquement.
Et peut-être, tout le monde s'en fout.
Alors, retour aux fondamentaux, c'est à dire le programme.

verso_septverso_octverso_novembre

décembre à suivre.

En attendant, l'édito du journal de novembre:


Portraits continue. Après Ginot, Warhol, Vigroux, Nijinski, La Coustarade, et le cycle de lectures, voici nos souvenirs d’école, Darley, La Coustarade (bis), nos Présidents républicains et le cycle de poésie. Qu’est-ce que tout cela, mis bout à bout, raconte ?  (Ici un grand silence).
Toutes ces propositions, à vous adressées, ne prétendent pas apporter une réponse unique et satisfaisante. Chacune témoigne d’une démarche artistique singulière. Chacune est une tentative de scruter, d’écouter, d’approcher un, ou plusieurs individus. Chacune est une invitation à s’arrêter, à regarder. Le portrait est l’art (en peinture, comme en littérature, en photo…) de cerner, même pas, de laisser transparaitre une intimité, au travers d’un regard, d’une parole, d’un geste. Malgré le tumulte qui est le nôtre. Malgré l’agitation qui nous entoure et que nous reproduisons. Prendre le temps, de temps en temps. C’est pourquoi Portraits ne vaut pas par le nombre des propositions qui sont présentées à la Boutique ou au TMT, mais par la rencontre, la surprise qui peut naître de l’une, ou de l’autre. Ecouter la voix d’un poète, un soir, cela peut suffire. Lire un texte, contempler un dessin, cela peut suffire. Nous avons voulu multiplier les approches, non pas pour nous enivrer de l’abondance, mais pour accroître les chances de rencontres.

Une résidence m’a été offerte, ici, à Marvejols, par le TMT. Dans une période où faire des spectacles (ce qui est mon métier) n’était plus mon envie première, j’ai eu l’idée de Portraits. Parce que pour moi-même j’éprouvais le besoin de regarder plutôt que de fabriquer. Il y a des temps différents dans nos vies. Pour moi c’était (c’est encore) celui de me laisser aller à regarder ce que font les autres. De suspendre un peu la marche forcée. Et de retrouver le plaisir simple et difficile de porter attention. Comme on se plonge dans la lecture d’un roman, en s’oubliant. Le livre refermé, pourtant, quelque chose a changé.


Posté par Jean Marc Bourg à 13:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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