29 octobre 2007

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29.10.

Rien ne va plus. Recommençons.
Donc, des autoportraits d'Hyacinthe Rigaud, perpignannais (1 ou 2 n?). On pianote, on demande à Gougueule des images d'autoportraits, et on tombe sur lui, Hyacinthe. Qu'on connaissait vaguement, Lagarde et Michard XVIIème, portrait de Louis, avec hermine et sceptre (genre). Et Gougueule nous propose ce tableau-là (voir infra (d'habitude on dit supra, mais le blogue renverse tout) §33) d'un homme dont seul survit le visage, le fond (l'arrière-plan) étant mangé par la lumière muséale, et le corps recouvert d'un tissu de quasi même couleur, bleu sombre, visage comme face au regard, le tout faisant penser à une photo qui serait prise au dessus d'un corps mort, juste avant qu'on remonte le drap pour le soustraire aux regards. On devine bien que le corps n'est pas vraiment de face, mais de trois-quarts, mais ça n'est pas grave, l'impression ressentie reste la même, l'autoportrait de Rigaud est le portrait comme disait Saint Jean à je ne sais plus qui, d'un mort. Du coup on s'intéresse à Hyacinthe, on se dit qu'il avait beau être peintre de cour, il savait regarder, que ça vaut le coup d'aller y voir, on regarde la toile de plus près, du moins la reproduction de Gougueule (sur le site mairie de Clermont-Ferrand, je crois). On apprécie les cernes du peintre, surtout l'oeil gauche (ne pas oublier qu'un autoportrait se réalise d'après sa propre image vue dans un miroir, l'oeil gauche est donc bien à gauche, alors que dans le cas d'un portrait, il passe à droite), on se dit que le temps est ce qu'il peint, le temps très exactement de ce cerne sous l'oeil, le temps du ravage discret, celui-là même qui fait gondoler la toile, creuse reliefs, tout ça révélé par la photographie, heureusement prise sans chichis, sans chercher à masquer l'imperfection, se contentant de l'éclairage (mal) offert par les services municipaux, qui écrase un peu tout (couleurs, détails...) et révèle au contraire l'essentiel: la dégradation des choses. On commence à rêver, on pense aux portraits de Music, qui sortent du noir (ou du très sombre) pour ne laisser deviner qu'un visage (parfois une silhouette) fantomatique... etc. Et on continue à pianoter sur Gougueule. On trouve d'autres autoportraits du même, on remarque que le tissu est toujours là, prêt à recouvrir le visage, prêt à refermer le tableau, parfois plus conventionnel bien sûr, manteau ayant glissé des épaules sur les avant-bras, mais toujours là, et le pinceau dans un coin, qui dit: ce que je peins c'est cela: le tissu qui nous recouvre.
Et tout d'un coup, on a un doute, on agrandit une image (cf infra §34) et on retrouve le même tableau, avec d'autres couleurs, une autre lumière donc, et même les cernes ont changé. On comprend que la reproduction municipale était simplement mauvaise, que peut-être ce qu'on y a vu n'a rien à voir avec ce que l'on verrait en face du tableau même. Laquelle des deux images faut-il croire? Car la seconde, plus lumineuse (plus question de manteau bleu sombre, on est dans du brun), révélant des détails ignorés (comme cet élément bizarre derrière la tête, élément d'architecture?), redonnant vie en quelque sorte à ce qu'on pressentait funéraire, la seconde donc, et pourtant la même, semble contredire la première.
Hyacinthe_Rigaud_Autoportrait1

1ère50067_Autoportrait_Affiches

et 2ème

Mais avait-on vraiment tort?

Posté par Jean Marc Bourg à 10:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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